La ligne de l’horizon entre océan et ciel, est d’un bleu lointain. Et irréel. C’est le bleu miracle d’une rencontre mirage.

 

Quand elle sort le soir, Maman enfile un pull over d’un bleu pacotille. Souvent, elle y assortit ses ongles. Maman est belle en bleu pacotille.

 

Dans ma trousse, tous les bleus ont quelque chose à écrire. Ce sont mes crayons qui racontent des histoires-camaïeu.

 

La parure du lit, d’un blanc sobre et élégant s’amuse d’un fin passepoil bleu saphir qui tente d’en faire le tour.

 

Alix a des yeux d’azur. On y entend la vague qui pousse ses espérances. Sur la plage, je l’observe prendre l’élan de ses vingt ans.

 

C’est à la nuit noire qu’on découvre son bleu. À ceux qui l’observent patiemment, au delà des lumières, il est parfois donné d’entrevoir le bleu nuit.

 

Au jardin, le bleu Majorelle offre au monde végétal une couleur inaccessible. Comme de parer un corps d’une robe St Laurent.

 

Son rire était cristallin et bleu. Toutes sortes de bulles bleutés qu’on aurait voulu boire pour avaler sa gaîté.

 

Rares sont les gens qui voient le bleu glacier secret de l’arc en ciel. Il est si doux et effacé qu’on lui préfère souvent le bleu indigo, plus fanfaron.

 

Les beaux jours, le bleu du ciel emprunte au soleil son éclat. Il ne le lui rend que le soir, et s’incline doucement devant le flamboyant. En révérence.

 

La gamine joue à la dame et se farde. Mais ses genoux, bleus violets, trahissent ses jeux d’enfant. Ils la retiennent, encore pour un instant, dans le monde du début.

 

Un grand portique bleu passé : j’y balançais mes couettes de 1976. Un jour, j’ai sauté. Et je me suis recroquevillée.

 

Chaque soir, à 20h, on écoute les couleurs sombres et violentes du monde. Mais la couleur bleu layette des décors du JT apaise la conscience. On dort mieux.

 

A l’heure de rendre l’âme, il nage outremer. J’ai capturé un pou dans les dents serrées d’un peigne bleu turquoise. D’autres curieux assurément vont plonger : je jubile.

 

Quelque part à Pigalle, un néon bleu criard repousse la solitude. A celui qu’il attire, il promet l’ivresse et la caresse. Puis au réveil, le bas blesse, à nouveau.

 

Ce que j’aimerais tu vois, pour mon anniversaire, c’est une pochette surprise de bleus. Et un gâteau au curaçao.

 

Le bleu de travail se repose, le soir. Il se love, exténué, dans le panier de linge pour attendre patiemment son bain chaud du weekend. Et lézarder enfin au soleil de juillet sur le petit balcon du HLM.

 

Qui me dira que le feu n’est pas bleu ? C’est en son cœur bleu qu’il est le plus ardent. La flamme, comme la passion, se nourrit de ce bleu.

 

« Merveille » est un mot bleu, un vitrail radieux et saisissant d’éclats saphir, lapis, aigue-marine, turquoise.

 

Le premier baiser, le baiser éclaireur, celui de l’avant poste est souvent d’une douceur timide bleu poudré. Cependant habile, tactique et parfois historique.